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On dit que « L’habit ne fait pas le moine », mais le curé se distingue par sa soutane.

En général, l’habit influe sur nos jugements et nos comportements. Certains vêtements tels que le costume, le tailleur ou l’uniforme ont une influence sur les réactions en suscitant la confiance, le respect ou la soumission.

Nous associons les particularités d’un individu à la façon dont il est habillé. Par exemple le costume et la cravate à des personnes ayant un statut socio-professionnel élevé (avocats, banquiers) ou un uniforme à une autorité (policier, pompier, militaire ou médecin).

Le costard est l’uniforme civil par excellence, attribuant un rôle spécifique à celui qui le porte. Et plus on voit quelqu’un habillé d’une certaine façon, plus notre subconscient admettra que ce costume est la norme pour tel type de personne. Il y a un véritable dresscode autour du consume : la qualité des étoffes, taille de la cravate, les accessoires, une chemise blanche correspond au pouvoir, plus le costume est sombre, plus il connote une forte autorité et bien d’autres…

Les différentes expériences sociales à ce sujet indiquent à chaque fois un avantage pour les personnes vêtues d’un costume :

Un voleur a moins souvent été dénoncé par les clients du magasin lorsqu’il était vêtu d’un costume et d’une cravate que lorsqu’il portait un jean et des baskets, et ce pour le même délit.

Un homme peut aborder plus facilement une femme dans la rue en costume qu’en jean, t-shirt, baskets.

Etonnamment, des mendiants (hommes et femmes) obtenaient plus d’argent en faisant la manche lorsqu’ils étaient bien habillés (costume et cravate ou tailleur et chaussure de luxe), que lorsqu’ils étaient vêtus négligemment.

Dès qu’un comportement n’est pas conforme à nos stéréotypes, nous cherchons une explication. Par exemple, pour les mendiants habillés de façon soignée, on va supposer qu’ils ont perdu leur portefeuille. Tandis que pour les mendiants négligés, on va penser qu’ils ne font pas d’effort pour s’en sortir..

De même, un individu répondra plus favorablement à des exigences proférées de façon grossière si celles-ci viennent d’un homme en costume par exemple.

L’expérience de Guéguen et Pascual l’a d’ailleurs prouvé.

L’expérience était la suivante : un individu allait acheter un croissant dans diverses boulangeries, mais au moment de payer il faisait mine de se rendre compte qu’il lui manquait 8 centimes. A ce moment là, il réagissait de deux façons différentes. Soit il demandait poliment : « Je suis confus, mais il me manque 8 centimes. Pourriez-vous m’en faire grâce s’il vous plaît? », soit il demandait sans politesse : « Oh merde, il me manque 8 centimes. Vous me le filez quand même? ». Il réalisait ces expériences habillé de 3 façons : vêtu de façon pauvre, de façon décontractée et en costume.

En réagissant poliment, la boulangère accepte à environ 93% des cas, peu importe les habits. Mais en réagissant sans politesse, la boulangère accepte à 20% avec l’homme habillé de façon pauvre, à 40% avec l’homme habillé de façon normale, et à 75% avec l’homme habillé en costume.

Une autre expérience sociale menée par le psychologue Brad Bushman en 1984 tient compte également de l’influence de l’uniforme. Il s’agissait de tester des passants dans la rue afin de voir leur réaction face à une demande absurde. Un jeune homme de 23 se tenait debout près d’un parcmètre en faisant semblant de chercher de la monnaie dans ses poches. Un autre homme arrêtait les passants en leur disant « Cette personne garée près du parcmètre n’a pas de monnaie. Donnez-lui une pièce de cinq centimes. ». L’homme qui arrêtait les passants l’a fait habillé de 3 façons différentes : comme un mendiant, comme un cadre ou avec un uniforme de pompier. Habillé comme un mendiant, 44% des gens donnaient une pièce à son compère près du parcmètre, 50% donnaient quand il était habillé en costume de cadre et 82% donnaient quand il était en uniforme de pompier. Plus intéressant encore, dans le cas où il était habillé en pompier, ceux qui n’avaient pas de monnaie s’excusaient de ne pas avoir.

Expérience supplémentaire menée par Stanley Milgram : un scientifique en blouse blanche ordonnait à des individus d’infliger des chocs électriques douloureux à des complices de l’expérience dans un contexte d’un essai sur la mémoire.

Les résultats étaient effrayants car ils mettaient en évidence le poids de l’autorité représentée par la blouse. Au début les individus étaient pour la majorité réticents à devoir torturer quelqu’un. Mais il suffisait à l’expérimentateur de dire des phrases comme « vous devez continuer » ou « il faut continuer » ou « continuez » ou « l’expérience veut que vous poursuiviez », pour qu’ils administrent des chocs électriques.

Ils ne se voyaient plus comme les acteurs de ces actes, mais comme des agents exécutant la volonté d’autrui. Ils faisaient un acte contraire à leur morale et contre leurs convictions en se justifiant par la responsabilité de l’autorité. Cette expérience a été plusieurs fois reproduite dans de nombreux pays et les résultats sont toujours les mêmes.

Le statut social est la principale classification que laisse supposer l’apparence vestimentaire. Nous sommes tellement conditionnés face à la symbolique attachée à l’uniforme que nous réagissons par une obéissance automatique, sans se poser de questions sur la demande du porteur de l’uniforme. On s’incline.

Le pouvoir est une notion due aux institutions publiques et privées qui imposent des rapports sociaux. La société nous inculque un profond respect de l’autorité en nous habituant à obéir et à recevoir des récompenses dès notre plus jeune âge.

Comment s’en libérer ? Comment briser les codes pour construire un imaginaire collectif moins stéréotypé ? Evitons autant que possible de porter l’uniforme valorisant ou dévalorisant par exemple et ayons conscience du pouvoir du costume. Alors, tombez la cravate et restez lucide.

Un commentaire sur “L’IMPACT des FRINGUES – Sois pas si bêêête #6

  1. Je suis une femme sans cravate, la plupart du temps en jeans. Mais quand ça me convient en jupette et robette, et je suis persuadée que l’autorité de l’intelligence est la plus forte.

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