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Socrates a dit un jour : Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien.

En 1845, un objet étrange en dépôt chez le conservateur d’antiquités Dubois de Maisonneuve est signalé. Il s’agit d’une coupe décorative représentant le roi légendaire Lycurgue, puni par Zeus pour avoir attaqué son fils Dionysos, le roi de la vigne et du vin. Un des héritiers du conservateur d’antiquités aurait vendu cette coupe au baron Lionel de Rothschild, mais c’est tout ce qu’on sait. Aucune indication concernant sa provenance n’a été trouvée.

Longtemps exposée au Musée de Kensington, elle a ébloui tous les archéologues qui l’ont examinée grâce à ses particularités lumineuses exceptionnelles. Elle change en effet de couleur selon la lumière. Eclairée de l’extérieur elle est verte et opaque, mais éclairée de l’intérieur elle est rouge et translucide.

Ce n’est que lors des années 1980 qu’une partie de ses mystères est élucidée : le verre (appelé rubis doré) est doté de couleurs structurales. C’est à dire que la couleur n’est pas due à des pigments, mais à des ondes d’électrons qui se propagent dans le verre. Ceci grâce à la présence dans celui-ci de nanoparticules d’un alliage précis d’or et d’argent avec quelques traces de cuivre.

Ce phénomène, appelé plasmons de surface, résulte d’une sorte de mariage entre l’optique et la nanotechnologie. Il s’agit en fait de manipuler la lumière pour la canaliser. Et les premières expériences modernes utilisant un matériau isolant comme le verre n’ont été réalisées qu’à partir des années 80. Les physiciens d’aujourd’hui essayent de maîtriser cette discipline appelée plasmonique, pour concevoir la prochaine génération de microprocesseurs optiques, améliorer la résolution des microscopes ou faire des capes d’invisibilité.

Bref, manipuler la matière au niveau moléculaire pour lui donner de nouvelles propriétés semble être un concept plutôt moderne. Mais là où ça ne colle pas c’est que ce magnifique objet aurait été confectionné à Rome vers l’an 400. Il aurait donc plus de 1600 ans. Comment est il est possible que les artisans de l’époque aient déjà su concevoir des composites contenant des nanoparticules invisibles à l’oeil nu ? Ca me dépasse. Si vous en avez une idée, dites-le dans les commentaires.

Cette coupe est visible aujourd’hui au British Museum situé à Londres, mais il n’existe toujours pas de certitudes sur son origine. C’est regrettable, car comme disait si bien Einstein, la joie de regarder et de comprendre est le plus beau cadeau de la nature. Alors abonnez-vous et restez lucide.

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